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La spécialité: Environnement
: 15-08-2009
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Exll l'histoire de l'urbanisme




Plan de l'article
Prsentation ; Histoire de lurbanisme ; Droit et politique de lurbanisme et de lamnagement ; L'avenir des villes et de l'urbanisme
1 Prsentation

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urbanisme, discipline de la gographie et de larchitecture dont lobjet est lamnagement et lorganisation des villes et de leurs environs.

Le terme urbanisme est une cration rcente : il est apparu dans la langue franaise au cours des annes 1910 pour dsigner un champ daction pluridisciplinaire nouveau, n des exigences spcifiques de la socit industrielle. Dveloppant une pense et une mthode de penser sur la ville, lurbanisme se prsente comme la science de lorganisation spatiale et comporte une double face thorique et applique. Cest lart damnager et dorganiser les agglomrations urbaines et, de faon plus prcise, lart de disposer lespace urbain ou rural (btiments dhabitation, de travail, de loisirs, rseaux de circulation et dchanges) pour obtenir son meilleur fonctionnement et amliorer les rapports sociaux. Cette discipline sest progressivement impose dans le monde entier. Lurbanisme comprend lensemble des rgles relatives lintervention des personnes publiques dans lutilisation des sols et lorganisation de lespace. Il dfinit la disposition matrielle des structures urbaines en fonction des critres de larchitecture et de la construction. Vers le milieu du XXe sicle, lurbanisme sest largi pour faire place une rflexion sur lenvironnement conomique et social des socits. Il sest dvelopp selon deux grands courants issus des utopies du XIXe sicle : lurbanisme progressiste, dont les valeurs sont le progrs social et technique, lefficacit et lhygine, labore un modle despace class, standardis et clat ; lurbanisme culturaliste, dont les valeurs sont, loppos, la richesse des relations humaines et la permanence des traditions culturelles, labore un modle spatial circonscrit, clos et diffrenci. Les lments caractristiques de lurbanisme moderne sont les plans gnraux durbanisme, qui rsument les objectifs et les limites de lamnagement des sols ; les contrles du zonage et des subdivisions, qui spcifient lutilisation autorise des sols, les densits, les conditions requises pour les rues, les services publics et les autres amnagements ; les plans de la circulation et des transports en commun, les stratgies de revitalisation conomique des zones urbaines et rurales en crise ; les stratgies de soutien des groupes sociaux dfavoriss et les principes de protection de lenvironnement et de prservation des ressources rares.

En tant que tissu de lorganisation humaine, la ville est aujourdhui un systme complexe. À un premier niveau, lurbanisme concerne lamnagement des quartiers selon des critres esthtiques et fonctionnels et la cration des services publics indispensables. À un second niveau, il concerne le milieu socioculturel, lducation, le travail et les aspirations des rsidents, le fonctionnement gnral du systme conomique auquel ils appartiennent, la position quils occupent dans ce systme et leur capacit prendre ou influencer les dcisions politiques qui affectent leur vie quotidienne.

2 Histoire de lurbanisme

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Les fouilles archologiques ont rvl des traces durbanisme intentionnel dans les cits anciennes : disposition de lhabitat en structures rectangulaires rgulires et emplacement bien en vue des btiments publics et religieux en bordure des rues principales.

2.1 Le prurbanisme en Grce et Rome

Limportance de la planification sintensifia durant les poques grecque et romaine. Larchitecte grec Hippodamos de Milet conut les plans dimportantes villes grecques, comme Prine et Le Pire (chiquiers orthogonaux), accentuant la disposition gomtrique des villes. Les citadelles religieuses et administratives taient orientes de faon donner une impression dquilibre esthtique : les acropoles taient bties sur les hauteurs, tandis que les agoras taient dployes dans la plaine, les monuments se dcoupant contre le ciel sans risque de se superposer. Les rues taient disposes en damier et lhabitat intgr aux installations culturelles, commerciales et militaires.

Les Romains accenturent cette organisation rflchie de lespace public : les plans de leurs temples, portiques, gymnases, thermes et forums sont autant dexemples de constructions qui tiennent rigoureusement compte de la symtrie. Leurs cits coloniales, conues comme des camps militaires appels castra , possdaient de grandes avenues et un quadrillage de rues entoures de murs denceinte rectangulaires ou carrs, canalisant ainsi la vision de la ville. Aprs la chute de lEmpire romain, les villes dclinrent en population et en importance. Du Ve au XIVe sicle apr. J.-C., lEurope mdivale disposa ses villes autour des chteaux, des places fortes, des glises et des monastres, dont le trac ne correspondait aucun plan.

2.2 Lurbanisme en Asie

La Chine et les rgions incluses dans sa sphre dinfluence dvelopprent une haute culture urbaine, le gouvernement central chinois utilisant les villes comme une arme administrative. Le style durbanisme fut dtermin par Changan (aujourdhui Xi'an), capitale des dynasties Han et Tang. Ds la fin du VIe sicle, elle tait dispose en damier et entoure par un mur de terre battue dune circonfrence de 36,7 km avec de larges avenues (jusqu 155 m) allant du nord au sud et dest en ouest. Ce plan fut repris pour les villes de nombreux autres pays influencs par la Chine, notamment pour la capitale impriale japonaise Heiankyo (aujourdhui Kyoto), fonde en 794 apr. J.-C. Le dveloppement du commerce et dune conomie montaire en Chine sous la dynastie Song favorisa lessor des cits qui, pour la plupart, sefforcrent de reprendre le mme plan. Dautres pays dAsie orientale (le Tibet, lancien empire Mongol) se sont inspirs du modle chinois tout en le modifiant afin de corriger sa trop grande rigidit.

2.3 La ville mdivale

Le bas Moyen Âge, qui vit lessor de nombreuses villes, se traduisit par une oblitration des volumes purs. Les maisons taient soudes entre elles et les monuments perdirent leur autonomie pour senraciner dans le tissu urbain. À un langage essentiellement temporel dans les dispositions urbaines (la ville est le fait du prince) correspondait une architecture antispatiale. Les villes se dvelopprent la faon dun palimpseste ; elles procdaient en effet dune accumulation sdimentaire, se reconstruisant en permanence sur elles-mmes la suite des guerres qui les ravageaient priodiquement. La ville mdivale, limite par ses fortifications, progressait selon un modle concentrique, ajoutant la premire enceinte, historique, une deuxime enceinte de dfense militaire qui distinguait clairement lespace ville de lespace rural. Trs dense, close et souvent chaotique, elle oprait galement une confusion totale entre le travail et le logement, ignorant les voies de transport.

2.4 La Renaissance


Lmulation du classicisme grco-romain durant la Renaissance relana les efforts durbanisme dans le style classique, sans toutefois parvenir dtruire la structure urbaine issue du Moyen Âge. Lexemple le plus clbre fut celui de Michel-Ange, qui dtermina les centres fonctionnels de Rome : centre religieux avec Saint-Pierre de Rome et limmense place qui lui fait face, centre rsidentiel avec le palais Farnse, centre municipal avec le Capitole, ainsi que laxe dexpansion vers lest. Comme dans le cas de Venise et de la place Saint-Marc, il modifia ainsi la ville sans en avoir pralablement dessin le plan, la dveloppant par ples et par des liens successifs capables de susciter un processus de construction. Conues sans plan rgulateur, ces villes italiennes symbolisaient leur idal de grandeur dans les structures administratives et les places publiques. En opposition aux rues troites et irrgulires des villes mdivales, lurbanisme de la Renaissance accentuait les rues larges, rgulires, en toile ou en circonfrence (certaines rues formaient des cercles concentriques autour dun point central et dautres taient disposes en toile partir de ce point, comme les rayons dune roue), mettant en perspective lespace urbain. Une ville comme Ferrare, en Italie, souvent considre comme la premire ville europenne moderne, prsentait ainsi des rues droites et des angles droits, mais intgres dans des blocs de construction asymtriques lis la dynamique et lhistoire ancienne de la cit. La cit idale ne devint ainsi concrte que dans de rares cas, comme par exemple Urbino en Italie ou les villes-forteresses de Vauban. On trouve dautres exemples dune disposition noclassique dans le plan de Londres de larchitecte anglais sir Christopher Wren (1666) ainsi que dans les villes de Mannheim et de Karlsruhe en Allemagne.

2.5 Lurbanisme du Nouveau Monde

Ces thmes de lurbanisme de la Renaissance et de la mise en perspective de la ville ont t transposs dans le Nouveau Monde, dans les cits coloniales anglaises et espagnoles fondes aux XVIe et XVIIe sicles, entre autres Savannah dans lÉtat de Gorgie, Williamsburg en Virginie ou Mexico au Mexique et Lima au Prou. Disposant de larges espaces vierges pour y implanter des structures urbaines, les btisseurs des villes amricaines ont pu progressivement exprimenter une ville moderne rompant avec le dveloppement concentrique et effaant les dfauts de la ville mdivale (croissance impossible en raison des enceintes, problmes de transport et de reprage dans la ville, etc.). Les plans en damier (New York, Chicago, etc.) se dmarquaient de la ville historique leuropenne mais craient paralllement de nouveaux problmes comme la monotonie des rues et lhtrognit des volumes et des constructions. Lurbanisme de la premire priode des États-Unis refltait une prdilection pour les btiments publics et les rues de grande dimension : la conception du district de Columbia par larchitecte franco-amricain Pierre Charles LEnfant en 1791 en fut un exemple clbre. Son plan prvoyait un rseau de larges avenues convergeant vers dimportants parcs, alles et autres espaces libres et sur des structures publiques comme le Capitole et la Maison-Blanche.

Ds la fin du XVIIIe sicle, les problmes sociaux, conomiques et politiques qui surgissaient dans une socit en pleine transformation favorisrent la naissance dune rflexion critique et suscitrent une vague de projets grande chelle. Les phalanstres de Fourier (petites villes miniatures), le familistre construit par lindustriel Godin prs de son usine Guise (1859-1870) ou encore le concept de ville idale de Claude Nicolas Ledoux rompaient avec la ville ancienne, sefforant de regrouper le travail et lhabitat et de dvelopper les voies de circulation.

2.6 La naissance dun urbanisme appliqu

Vers le milieu du XIXe sicle, une partie des villes europennes apparaissaient anachroniques, impropres remplir les fonctions que leur imposaient lindustrialisation et les concentrations dmographiques. Pour survivre et sadapter, elles rclamaient des transformations globales de grande envergure.

La transformation la plus spectaculaire, sans quivalent ailleurs, fut accomplie entre 1853 et 1869 par le baron et prfet de Paris Georges Eugne Haussmann. À la diffrence de certains projets qui ne tenaient parfois aucun compte des conditions matrielles et esthtiques les plus lmentaires, son plan sappliquait une ville dj existante et ne sappuyait ni sur une critique sociale, ni sur une thorie de lamnagement : pour la premire fois, il traitait lensemble de lespace parisien comme une totalit, de faon mthodique et systmatique. Il fit excuter le premier plan global de Paris, avec des courbes de niveaux, ce qui lui permit danalyser de faon approfondie la topographie et la morphologie parisiennes. Pour rsoudre les problmes dune circulation congestionne et amliorer une hygine souvent inexistante (Paris avait subi deux graves pidmies de cholra dans la premire moiti du sicle), la solution radicale dHaussmann fut le percement. Il donna une priorit la cration daxes nord-sud, la construction du boulevard Sbastopol et lextension lest de la rue de Rivoli (137 km de nouveaux boulevards). Concevant la ville en termes de systmes homologues, hirarchiss et solidaires, il mit en relation tous les points nvralgiques de la ville. Grce un alignement sur rue trs rglement, il contribua largement laration et une uniformisation architecturale de la capitale. Cependant, les lots du Paris haussmannien prsentaient plusieurs inconvnients, notamment celui dempcher une bonne diffusion de la lumire (les pices donnant sur cours taient trs sombres). Luvre novatrice dHaussmann inspira la transformation du rseau urbain franais et exera une influence considrable en Europe (notamment Vienne, Berlin et Anvers) et aux États-Unis o elle fut lorigine du remodelage de Chicago par Daniel Burnham (1909).

2.7 Lurbanisme au XXe sicle

Les pays anglo-saxons ragirent de faon uniforme la ncessit damliorer les conditions de vie dans les cits. Ils commencrent par rguler les conditions sanitaires et la densit des immeubles. En France, des expriences dhabitat amenrent la construction des premiers logements ouvriers, comme la fondation Lebaudy, installe rue Gassendi Paris. La cit-jardin cre par le Britannique Ebenezer Howard en 1903 (modle culturaliste) fut adopte par quantit durbanistes qui la gnralisrent dans de nombreux pays. La ville-jardin communautaire de Welwyn (1920), construite daprs ses plans, avait t conue comme une cit indpendante, protge de lempitement urbain par une ceinture verte ou une zone agricole.

Un peu plus tard apparurent les premires habitations bon march (HBM) que l'on retrouve dans l'actuelle ceinture parisienne des Marchaux. Un urbanisme social et quelque peu paternaliste vit ainsi le jour (modle hyginiste), bientt radicalis par les premiers modles urbanistes progressistes (la cit linaire de Soria, la cit industrielle de Tony Garnier, etc.). Ce mouvement prnait une approche globale et long terme de lurbanisme, impliquant labandon ou la destruction des centres anciens. Les ides dveloppes taient dabord des thrapies sociales afin dliminer le cancer de la ville ancienne. Les programmes cherchaient concilier technologie moderne et justice sociale, sefforant de dfinir les diffrents facteurs affectant les cits modernes (travail, logement, transport et loisirs).

Dimportantes mesures visant formaliser et lgaliser lurbanisme furent prises au dbut du XXe sicle : en 1909, la Grande-Bretagne vota une loi durbanisation permettant aux autorits locales de prparer des plans de contrle du nouvel amnagement. En 1909, galement, eut lieu aux États-Unis la premire Confrence nationale durbanisme.

Entre le premier aprs-guerre et la fin des annes 1960, lurbanisme progressiste simposa, consacrant la figure de larchitecte franais dorigine suisse Le Corbusier. Il resta nanmoins cantonn dans la thorie et dans une exprimentation limite jusquen 1945, anne aprs laquelle il trouva de nombreuses applications sur le terrain. Cette priode fut caractrise par leffacement progressif du projet social, propre aux modles de la premire gnration. Les membres du Bauhaus et du mouvement De Stijl projetaient des cits plantes sur des espaces verts, inondes de soleil, sillonnes de voies de circulation pour drainer harmonieusement la population voluant entre les diffrents quartiers dfinis par leurs activits (habitat, travail, loisir). La doctrine de lurbanisme progressiste fut labore lors des Congrs internationaux darchitecture moderne (CIAM), la charte dAthnes dfinissant les critres de la ville moderne. Le logement tait privilgi, la rue corridor bannie et la nature largement introduite dans les villes. Appliquant la ville un fonctionnalisme radical ( chaque quartier et chaque btiment une fonction unique : travail, habitat, loisir, etc.), ces urbanistes proposaient un zonage spar dans les villes o le dveloppement des techniques de construction (bton, immeubles de grande hauteur, ascenseurs) permettaient toutes les audaces.

À partir de la grande dpression des annes 1930, lintervention des États en matire durbanisme saccentua. Pour stimuler le dveloppement conomique dans les rgions en dclin, la Grande-Bretagne autorisa la nomination de commissaires spciaux aux pouvoirs tendus. La Grande-Bretagne, la France, les Pays-Bas et dautres pays europens ralisrent plusieurs programmes de logements sociaux inspirs des thories progressistes et surtout hyginistes. Aux États-Unis, le prsident Franklin Roosevelt cra, dans le cadre du New Deal, une Administration des travaux publics charge de lamlioration des investissements, un Bureau national durbanisme destin coordonner lamnagement long terme ainsi quun programme de cration de trois ceintures vertes.


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la suite de l'histoire de l'urbanisme

2.8 Aprs la Seconde Guerre mondiale

Au lendemain de la Seconde Guerre mondiale, les grands travaux de reconstruction des villes et lurgence du logement entranrent une application massive des principes de la charte dAthnes. Ils inspirrent dabord la rnovation des quartiers et des centres urbains anciens, cest--dire leur dmolition au nom de lhygine et de la modernisation et leur reconstruction selon les normes nouvelles. Ce type de rnovation dbuta dabord aux États-Unis sous linfluence des anciens protagonistes du Bauhaus et gagna progressivement lEurope. Elle a permis en rgion parisienne plus de cent oprations couvrant prs de 600 hectares ( Paris les secteurs du Front de Seine, des Halles-Beaubourg et de la place dItalie). Les villes orientales ne furent pas pargnes par cette chirurgie radicale, comme en tmoignent certaines oprations au Maroc et au Moyen-Orient. Lurbanisme progressiste inspira galement (et inspire toujours) lamnagement des priphries urbaines, quil sagisse de quartiers nouveaux (Stockholm, Amsterdam, etc.) ou surtout de grands ensembles : tours et barres de logements identiques sur tous les continents, dans lesquelles la rue a disparu (la cit des Quatre Mille de Le Corbusier La Courneuve, Sarcelles, etc.). Le mouvement progressiste fut galement lorigine de la cration ex nihilo de villes comme Brasilia au Brsil (Oscar Niemeyer) ou Chandigarh en Inde (Le Corbusier), mais ne put mettre en uvre de colossaux projets utopiques (les cits lacustres de Kenzo Tange, les villes entonnoirs de Walter Jonas, etc.).

Seule la Grande-Bretagne resta relativement fidle au modle culturaliste de Howard dont les villes nouvelles, rsultant du New Town Act (1946), portent la marque. Bties autour dun noyau central, elles intgraient des activits diversifies, se distinguant du modle progressiste par leur refus dun fonctionnalisme systmatique. En raison de cette politique volontariste, de nombreux ensembles dhabitations de ce type furent rigs dans les banlieues de Londres mais aussi en France, o la construction de neuf villes nouvelles (Melun-Senart, Saint-Quentin-en-Yvelines, etc.) fut lance loccasion de la publication du Schma directeur damnagement et durbanisme de la rgion parisienne (1965).

2.9 Lurbanisme moderne

Aprs une phase deuphorie, le triomphe de lurbanisme progressiste suscita une critique croissante sur ses ralisations et sa dmarche partir des annes 1960. Les effets sociaux provoqus par le gigantisme et la pauvret formelle et smantique de ces innombrables cits-dortoirs et dserts de bton dune part et le scientisme quelque peu dogmatique de ses thoriciens, dautre part, amenrent une remise en cause de sa suprmatie. Paralllement, on prit conscience que, dans la nouvelle ville , lurbanisme dpassait la simple dimension matrielle et quil englobait galement les questions sociales, conomiques et politiques. Ces questions taient trop importantes pour laisser tout pouvoir aux urbanistes et leurs rves de cits radieuses. Cest ainsi quun mouvement postmoderne vit le jour, caractris par son hostilit au mouvement moderne et par une plus grande modestie et un plus grand ralisme en matire durbanisme.

2.10 La ville de lge III

Selon le terme de larchitecte et urbaniste franais Christian de Portzamparc, laurat du prix Pritzker 1994, nous serions aujourdhui au troisime stade de la ville : aprs la ville mdivale et la ville moderne, la ville de lge III oprerait en quelque sorte un retour une structure urbaine plus traditionnelle tout en intgrant les acquis du mouvement moderne (la lumire, lespace, les rseaux de circulation, etc.). Avec la ville contemporaine, qui sest affranchie des limites de la vieille ville mdivale, les mgalopoles sont devenues infinies et ont donc dautant plus besoin de repres, loppos des blocs et des objets urbains isols de la ville moderne, trame et sans continuit. Lhistoire de lurbanisme a ainsi montr que les fonctions de la ville taient en interactivit permanente, tmoignant de lhtrognit absolue du tissu urbain. Alors que les progressistes cherchaient systmatiquement exprimer la fonction du btiment (une usine doit ressembler une usine), les postmodernes (Antonio Rossi, Portzamparc, etc.) cherchent faire ressortir lhybridit de la ville et refusent les formes figes. Paralllement la vogue du patrimoine qui a fini par englober le tissu urbain ancien (loi Malraux sur les secteurs sauvegards en 1962, charte dAmsterdam en 1975), les urbanistes disposent aujourdhui de moyens accrus pour recycler, transformer et restituer les ensembles anciens dans le processus durbanisation. Les villes, qui sont des formes complexes ou imparfaites, deviennent ainsi des villes flexibles, plus soucieuses de cohsion formelle que fonctionnelle. Pour autant, il ne faut pas supprimer les diffrences entre les territoires, ni trop coudre les espaces urbains les uns aux autres pour tout homogniser. La banlieue ne doit pas tre comme le centre, sans quoi les sens humains, qui lisent le dedans et le dehors dune ville, peuvent se perdre. Il convient de crer des sous-villes, offrant ainsi des chelles dappropriation plus petites aux mgapoles.

Le quartier Massena, dans lEst parisien, se veut une illustration de ces thories, un quartier-laboratoire de la ville de lge III : loppos des lots ferms haussmanniens, il est compos dune succession dlots ouverts, avec des fentes pour permettre le passage de la lumire. En mme temps, lalignement sur rue est respect, tout comme une certaine homognit des constructions qui donne sa cohrence lensemble. La ville de reconversion, de modification et de transformation du contexte se substitue ainsi la ville moderne de la rupture.

3 Droit et politique de lurbanisme et de lamnagement

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On distingue schmatiquement quatre types durbanisme : lurbanisme de dveloppement, lurbanisme de gestion, lurbanisme de rhabilitation et lurbanisme de participation. Ces diffrents types dintervention correspondent des rgles prcises qui se sont affines paralllement au dveloppement de cette discipline et sont codifies dans des lois et des rglements (code de lurbanisme). Ces rgles expriment lintrt gnral face la diversit des intrts particuliers des constructeurs et des amnageurs. Au rgime des contraintes inhrent au droit de lurbanisme, le lgislateur a ajout des rgles damnagement qui traduisent la volont dune rflexion globale pour une organisation plus rationnelle et plus harmonieuse de lespace (habitat, cadre de vie, quipements collectifs, infrastructures). Le concept damnagement permet notamment de concilier les proccupations urbaines et environnementales, parfois antagonistes.

3.1 Lvolution historique

Les ncessits de la reconstruction puis lexplosion dmographique ont progressivement justifi lencadrement juridique de lamnagement urbain et le dveloppement des contraintes juridiques lies lutilisation du sol. Aprs la Premire Guerre mondiale, le lgislateur cra au profit des communes les premiers instruments de planification urbaine et les maires furent habilits dlivrer des autorisations de construire en fonction des rglements de construction quils dictrent. La loi du 14 mars 1919 donnait aux conseils municipaux la comptence en matire de plans dalignement et au maire la comptence en matire de police durbanisme. Avec le rgime de Vichy, la volont de centralisation lemporta. La loi du 15 juin 1943 cra vritablement le droit de lurbanisme en gnralisant le permis de construire. La planification urbaine quant elle continuait ne concerner que les communes dune certaine importance. De la Libration au dbut des annes 1960, lurbanisation se dveloppa rapidement mais le droit de lurbanisme, pourtant consacr par un code de lurbanisme, parut peu efficace pour permettre aux autorits publiques de faire face aux problmes fonciers et la demande de logements et dquipements collectifs. La loi dorientation foncire de 1967 sattacha repenser entirement lencadrement juridique de lamnagement urbain. Ce fut lpoque de lavnement des SDAU (schmas damnagement et durbanisme) et des POS (plans doccupation des sols). Le lgislateur sattacha galement crer un nouvel quilibre entre les comptences de lÉtat et celles des collectivits locales, permettant ainsi aux lus locaux de pouvoir mieux matriser le dveloppement de la cit. Cette loi connut un succs mitig. Les POS ont t tablis malgr les rticences, mais les SDAU ne furent labors quen nombre rduit. Devant la persistance du problme foncier, le gouvernement fit adopter la loi tablissant le principe du PLD (plafond lgal de densit). En cas de dpassement du PLD autoris, le constructeur tait redevable dune participation financire assez dissuasive pour que le plafond soit effectivement respect. La loi de janvier 1983 relative la rpartition des comptences entre lÉtat et les collectivits locales opra ensuite une profonde dcentralisation de lurbanisme au profit des communes (contrle des POS). LÉtat continuait toutefois exercer ses pouvoirs de contrle. La loi de juillet 1985 relative lurbanisme oprationnel (dfinition et mise en uvre de lamnagement) modernisa encore le droit de lurbanisme, accroissant les responsabilits des communes et garantissant aux administrs une vritable concertation. Enfin, la loi dorientation pour la ville (LOV) de 1991 mit laccent sur la cohsion sociale dans les quartiers et les besoins de logements sociaux. Elle correspondait la mise en uvre dune politique globale de la ville, consquence du mal-tre de certains quartiers constitus de grands ensembles construits dans les annes 1960.

3.2 Ladministration de lurbanisme

Selon lvolution de lorganisation administrative de lÉtat, lurbanisme est administr au sein de structures ministrielles ou interministrielles et, le cas chant, par des structures organises par les collectivits locales. Le dveloppement de lurbanisme rglementaire a justifi lorganisation dune administration dÉtat la fois centrale et dconcentre. Celle-ci est aujourdhui rattache un grand ministre de lÉquipement ou un ministre spcifiquement charg de lurbanisme et du logement. Ladministration de lamnagement et de lurbanisme est relaye dans chaque dpartement par une Direction dpartementale de lquipement (DDE). En ltat du processus de dcentralisation, les rgions et les dpartements nont aucune comptence dcisoire en matire durbanisme. En revanche, ce sont aujourdhui les communes qui ont en charge lessentiel de lurbanisme dcentralis. La ralisation des oprations durbanisme est souvent dlgue un tablissement public dsign cet effet, association ou socit dconomie mixte locale (SEML).

3.3 La planification urbaine

La planification urbaine est la mthode de prvision et dorganisation qui permet aux autorits publiques dorienter et de matriser le dveloppement urbain par llaboration et la mise en uvre de documents durbanisme. Elle sexprime par les plans doccupation des sols (POS) et les anciens SDAU, appels aujourdhui schmas directeurs (SD). Les POS sont des documents qui dterminent avec prcision laffectation des sols et les rgles de leur utilisation ; les SD dfinissent quant eux les rgles gnrales du dveloppement urbain lchelle dune ou de plusieurs agglomrations. Le maillage de la planification urbaine sinsre dans celui de la planification gnrale de lespace et rejoint de ce fait les proccupations damnagement du territoire. Le rgime du permis de construire est aujourdhui troitement li aux prescriptions du POS.

Les schmas directeurs sont des documents prvisionnels qui fixent les orientations fondamentales de lorganisation des territoires intresss en tenant compte en principe des besoins de lextension urbaine, de lexercice des activits agricoles, industrielles et tertiaires et de la prservation des sites et des paysages. Documents dorientation et non de prescription, les SD prcisent la destination des sols, le trac des grands quipements dinfrastructure et la localisation des services. En vertu de la loi de dcentralisation de 1983, la procdure dlaboration des SD est trs largement du ressort des communes. Ces schmas ont peu peu t abandonns, puisque seulement dix-huit SD ont t approuvs depuis 1983 leur difficult principale provenant du fait quils supposent une concertation au niveau intercommunal. Le SDRIF, schma directeur de la rgion Île-de-France labor entre 1990 et 1994, a permis aux collectivits locales dimposer leurs vues en matire damnagement du territoire lÉtat. Au lieu de sinscrire dans des frontires administratives, les communes ont opt pour un espace gologique, celui du Bassin parisien, repoussant ainsi les frontires du dveloppement 150 ou 200 km de la capitale.

Le POS dtermine les rgles gnrales de lutilisation et de la destination des sols dans un primtre qui est gnralement celui de la commune. Le POS se compose dun document graphique et dun rglement. Il comporte un zonage et des prescriptions durbanisme, tablissant pour chaque zone un coefficient doccupation des sols (COS). Il dtermine au minimum laffectation des sols et la nature des activits qui peuvent y tre exerces, prescrit le droit dimplantation des constructions, leur destination et leur nature (un permis de construire doit imprativement respecter le POS). Le POS doit se fonder sur les donnes existantes pour prvoir, programmer et matriser lurbanisation et lquipement de la commune moyen terme. Le conseil municipal prend la dcision dlaborer un POS ; les administrs ont alors la possibilit de le consulter et de le contester le cas chant. Susceptible dvoluer, le POS peut par consquent tre rvis. Il constitue un document de planification urbaine essentiel, plac entre les mains des lus locaux qui peuvent ainsi grer et matriser la croissance de lamnagement urbain. Dans certains lieux, lutilisation de certains sols est rglement par la loi, qui spcifie les restrictions gnrales concernant la hauteur, le volume et lusage des btiments. Dautres rglements contiennent les normes gnrales, beaucoup plus souples, concernant les usages multiples ou larchitecture dun btiment. Les rgles de la construction et du logement portent sur la qualit et la scurit de la construction de nouveaux btiments ainsi que sur leur entretien ultrieur. Dans la plupart des cas, les rgles spcifient les matriaux devant tre utiliss, leur qualit minimale et les lments de construction ncessaires une structure approprie loccupation humaine.

3.4 Lurbanisme oprationnel

Lurbanisme oprationnel dsigne lensemble des actions dont lobjet est la conception et la ralisation doprations de construction et dquipements mens ou contrls par les autorits publiques. Cest lexpression la plus forte de linterventionnisme public dans le domaine urbain. Une libralisation progressive des procdures a permis dy associer plus largement les oprateurs privs et les administrs. La loi damnagement de 1985 a voulu relancer lurbanisme oprationnel en donnant aux collectivits locales plus de pouvoir en la matire et surtout plus de moyens pour en matriser la conception et la mise en uvre. Les oprations durbanisme les plus rpandues sont les lotissements et les zones damnagement concert, les ZAC, qui ont remplac les ZUP (zones urbaniser en priorit) et permettent la ralisation doprations complexes, mlant souvent la ralisation de constructions usage dhabitation, de commerces, dentreprises, dinstallations et dquipements collectifs. Les ralisations de ZAC engagent des tablissements publics damnagement (EPA) et ventuellement des socits dconomie mixte (SEC) lorsquune entreprise prive participe lopration. La ville de Paris a actuellement trois projets de ZAC en construction (Aubervilliers, Alsia-Montsouris, porte dAsnires), mais souhaite se rorienter vers des oprations plus lgres.

3.5 Le dveloppement conomique

Le dveloppement et la reconversion conomiques de la ville font galement partie de lurbanisme. Les plans de dveloppement conomique ont recours aux primes, lassistance technique et au marketing pour crer des emplois, tablir de nouvelles industries et entreprises, aider les entreprises existantes spanouir, rhabiliter ce qui est rcuprable et reconvertir ce qui ne peut tre conserv.

Le mouvement de renouveau urbain des annes 1940 fut insensible aux fluctuations des quartiers urbains. Des annes 1940 aux annes 1960, le credo consistait, lors de lchec dun agent conomique, laisser affleurer le pourrissement et dblayer le terrain en vue de sa rutilisation. Dans bien des cas, la reconversion navait jamais lieu. Les multiples facteurs qui ont entran la mutation des quartiers furent ignors ou mal analyss.

La programmation financire des investissements est linstrument budgtaire utilis par les urbanistes pour tablir le programme de construction et de financement des travaux publics. Les projets dinvestissements comme lamlioration des routes, lclairage des rues, les parcs de stationnement publics et lachat de terrain pour les espaces libres doivent tre classs par priorits. Un contrat dobjectifs annuel prcise les projets prioritaires sur une priode de six ans, qui auront pour but de mettre en uvre le plan gnral et de remplacer linfrastructure usage. Dans les rgions forte croissance, les urbanistes sont continuellement confronts des quipements collectifs qui ne correspondent plus aux critres de lamnagement futur. Dans les zones en dclin, la reconversion conomique est de premire importance. Avant mme dtablir un programme financier dinvestissement, il faut tablir une estimation du quartier, de sa viabilit et adopter des stratgies de redressement.

Les urbanistes ont maintenant compris quune ville est affecte par les conditions conomiques rgionales, interrgionales, nationales et internationales. Ils savent galement que lefficacit des plans dpend de la qualit de lanalyse et de linterprtation de ces conditions. Telles sont les leons qui ont t tires des bouleversements qui ont marqu les structures conomiques suburbaines et interrgionales dans les annes 1960 et 1970.

3.6 Le contentieux de lurbanisme

Le droit de lurbanisme alimente un important contentieux. Ce sont les tribunaux administratifs qui sont comptents en premire instance ; en appel, la suite de la rforme du contentieux institue par la loi de 1987, ce sont les cours administratives dappel qui sont comptentes. Aujourdhui, le contentieux de lurbanisme reprsente lui seul entre 10 et 15 p. 100 des affaires traites par les tribunaux administratifs. Les litiges les plus nombreux tendent demander aux juges lannulation dune dcision dont la lgalit est conteste, ou des indemnits pour des prjudices subis du fait dune faute de ladministration.
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: l'histoire de l'urbanisme

4 L'avenir des villes et de l'urbanisme

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Au cours des dernires dcennies du XXe sicle, lurbanisme a t de plus en plus impliqu dans la dfinition et la ralisation de la politique des services publics ainsi que dans la fourniture de ces services. Depuis quil est manifeste que les ressources sont limites et que les volutions densemble ont des rpercussions sur lavenir de chaque communaut, lurbanisme a d sintgrer aux structures nationales et internationales de planification de lamnagement.

Dans ce contexte, diffrents groupes urbains dhabitants ont appris dfendre leurs intrts. Mieux informs, ils connaissent les lois et les procdures et sont la fois plus militants et plus tenaces. Conscients que la planification permet de structurer le changement, ils cherchent influencer celle-ci. En retour, les urbanistes cherchent quilibrer les intrts rivaux par un consensus communautaire minimal permettant de prendre des dcisions. Dautre part, les ractions contre la centralisation de la planification et les appels au dveloppement priv dans les annes 1980 et 1990 ont donn lieu dambitieuses expriences en matire de rduction des contrles de planification, parfois comme dans le cas de la reconversion du quartier des docks Londres avec des rsultats mitigs.

À lavenir, lurbanisme continuera de faire face linsuffisance des ressources conomiques municipales tout en tant continuellement confront la concurrence des priorits des quartiers, des groupes dintrts, des entreprises et des habitants. Le ciblage et la fourniture de services publics appropris posera de grands problmes dici la fin du XXe sicle. Au fur et mesure que les villes cherchent redfinir leur rle, elles font lobjet de rajustements priodiques. Il revient lurbanisme de minimiser limpact quont ces mutations cycliques sur la population et lactivit urbaines.

4.1 Une explosion urbaine

Dans les cinquante prochaines annes en effet, les urbanistes seront confronts au dfi dune croissance urbaine qui va sintensifier et dont le centre de gravit se dplacera en Asie et dans le tiers-monde. En 2005, plus de la moiti de la population mondiale sera concentre dans les villes et 60 p. 100 en 2025, perspective vertigineuse puisque la terre ne comptait que 10 p. 100 de citadins au dbut du XXe sicle. Alors que Londres a mis cent trente ans pour passer de 1 8 millions dhabitants, Lagos au Nigeria, qui nen avait que 290 000 en 1950, en comptera 24,4 millions en 2015. Sur les 33 mgapoles annonces par lONU pour 2015, 27 seront situes dans les pays les moins dvelopps, dont 19 en Asie. Tokyo (28,7 millions dhabitants en 2015) sera la seule ville riche continuer de figurer sur la liste des dix plus grandes villes du monde. Paris, classe au 4e rang des villes les plus peuples en 1950, sera relgue en 29e position en 2015. Bombay (Inde), Shanghai (Chine), Jakarta (Indonsie), São Paulo (Brsil) et Karachi (Pakistan) dpasseront toutes les 20 millions dhabitants. Devant de tels bouleversements, les avis des experts sont partags entre ceux qui croient aux mgavilles comme facteur dmancipation de lhumanit et ceux, plus sceptiques, qui considrent que la poursuite de ce processus mnera une implosion urbaine.

4.2 Lespoir dune ville nouvelle

Plusieurs phnomnes tendent en effet dmontrer que la croissance des villes est un phnomne non seulement inluctable mais porteur despoir. Le mouvement durbanisation est dj si profondment engag que lessentiel de lexpansion des villes repose dsormais non plus sur lexode rural, en voie de marginalisation, mais sur leur dmographie interne galopante. Urbanisation et dveloppement vont de pair, plaide aujourdhui lONU, dont un rcent rapport concluait que les citadins pauvres taient trois dix fois plus riches que les ruraux pauvres.

Les villes, carrefours des comptences et des initiatives, supports stimulants pour lducation et linnovation, lieux douverture au monde, favorisent non seulement le dcollage conomique mais aussi la baisse de la fertilit. Dj, les rythmes de croissance sessoufflent dans les vieux pays industrialiss : lurbanisation porterait en elle les remdes ses propres ravages. En soulageant les campagnes, la croissance des villes permettrait une hausse de la productivit agricole et une meilleure prservation des ressources naturelles. Dans les pays riches, le fait urbain est non seulement une ralit dmographique ancienne (85 p. 100 des Franais vivent dans une commune comptant plus de 30 000 habitants ou jouxtant une telle commune), mais lunique rfrence en matire de mode de vie. Les agglomrations urbaines modernes tendent de plus en plus stendre sur un espace plus vaste. Les urbanistes parlent dsormais de conurbations, ces zones dhabitat humain stendant sur plusieurs centaines de kilomtres, de Boston Washington, de Tokyo Kobe, dAmsterdam la Ruhr.

4.3 Une menace pour la plante

Au rythme de croissance actuel de la population urbaine, soit 170 000 personnes de plus par jour dans le monde, les nouvelles mgalopoles sont, selon lavis de certains spcialistes, lourdes de menaces pour lhumanit. La plupart dentre elles ont atteint une taille critique au-del de laquelle les problmes de la vie urbaine (pollution, embouteillages, prix lev de limmobilier) en balaient les avantages, touffant chaque jour un peu plus ses habitants. Dix millions de citadins meurent chaque anne du fait de la mauvaise qualit des logements, de leau et de lhygine. Le dracinement et le chmage, la violence, lclatement social et ethnique comptent parmi les plaies conscutives la prolifration des villes. Dj en 1964, un grand historien du monde urbain, Lewis Mumford, appelait Ncropolis la cit moderne : ceux qui prtendent que la prolifration des grandes mtropoles est invitable oublient que celles-ci ont marqu, dune manire constante, leffondrement de toute une priode civilisatrice , crivait-il dans la Cit travers lhistoire. Dans de nombreuses villes du tiers-monde mais aussi des pays industrialiss , la croissance urbaine saccompagne en effet aujourdhui dune misre profonde. À lchelle mondiale, la pauvret touche jusqu 60 p. 100 de la population des villes. Mme dans les pays dvelopps, qui se rvlent dsormais incapables de loger lensemble des mnages faibles revenus, lquilibre qui maintenait des liens entre quartiers riches et quartiers pauvres sest rompu. La ville, qui tait le lieu de la civilisation par excellence, lendroit o lon trouvait scurit, bien-tre et libert, est aujourdhui cerne par une priphrie trouble et incertaine. Dans les mtropoles modernes, des quartiers entiers deviennent des lieux denfermement et dexclusion. De Lagos Shanghai en passant par nombre de villes amricaines protiformes comme Mexico, Los Angeles ou São Paulo, la ville est devenue un espace urbain subi et cisaill par les tribus sociales et ethniques, des damiers o chaque case se fortifie et se durcit et dans lesquelles lindividu ne joue plus quun second rle. Une ville comme Atlanta, aux États-Unis, est assez caractristique du standard mondialis en train de se mettre en place : au centre, un quartier daffaires domin par les tours de Coca-Cola et de la chane dinformation en continu CNN ; lgrement dcal, le centre administratif, beaucoup plus modeste ; tout autour se trouvent diffrents quartiers, organiss de faon ethnico-sociale et qui ne sont relis entre eux que par un rseau autoroutier urbain ; les Blancs, plus aiss (20 p. 100 de la population), ont fui le centre-ville pour aller vivre dans des banlieues rsidentielles. Ainsi, au nord comme au sud de la plante, la ville se structure dsormais comme un archipel de zones isoles les unes des autres, abritant des groupes de population qui ne se ctoient plus. La mondialisation fait planer une lourde menace sur les villes et lÉtat parat dans de nombreux pays de plus en plus incapable de grer le dveloppement urbain.

4.4 Habitat II

Pour rendre les villes plus viables et plus respirables et pour dbattre de ces questions, prs de 9 000 spcialistes (urbanistes, maires de grandes villes, architectes, etc.) se sont runis de mai juin 1996 Istanbul, en Turquie, pour un sommet de lONU consacr aux dfis du dveloppement urbain. Vingt ans aprs Habitat I, organis Vancouver (Canada) en 1976, qui avait prconis des politiques centralises et focalises sur le logement peu suivies deffets, le sommet dIstanbul a marqu une rorientation de la politique onusienne dans ce domaine. Longtemps en effet, lide largement dominante dans les organisations internationales tait que le salut du tiers-monde passait par le dveloppement rural et lagriculture. Cependant, devant la croissance urbaine continue et lacclration de la tertiarisation des conomies nationales, les enjeux urbains (3 p. 100 seulement des budgets de laide internationale vont aux villes) sont devenus lune des grandes priorits du IIIe millnaire. La confrence, dont lambition finale tait la mise en uvre dun plan mondial de dveloppement urbain pour les cinquante prochaines annes, a insist sur le droit de tous au logement, limportance des femmes dans laccs la ville et la ncessit dintensifier laction urbaine comme moteur du dveloppement, particulirement dans les domaines des infrastructures de transport et de la lutte contre la pollution. Une ambition qui, dune part, ouvre la porte de nouveaux modes de fonctionnement dmocratique (dcentralisation, revalorisation des pouvoirs locaux avec un rle accru donn aux lus locaux et aux associations dhabitants) et, dautre part, encourage une participation plus active du secteur priv industriel (BTP notamment) dans les projets de dveloppement en coopration avec les collectivits locales, pour rpondre aux besoins dquipements des nouvelles mgalopoles.

Entre deux mythes, celui de Babylone, mre de tous les vices et lutopie de la Jrusalem cleste, les urbanistes vont devoir trouver de nouvelles solutions. Lurbanisme a chang dchelle : intervenant un niveau plus gnral, il sest rapproch de lamnagement du territoire et doit prendre en compte des phnomnes jouant lchelle rgionale, nationale ou mme plantaire. Amnager des lots entre deux ruelles, concevoir des liens de communication entre deux espaces urbains ou encore rinventer des villages, comme au Brsil. Reparcourir en quelques annes le cycle plurisculaire de linvention urbaine, afin, comme le disait Georges Perec dans Espces despaces (1974), quil ny ait rien dinhumain dans une ville, sinon notre propre humanit .
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